Quand j’étais enfant, dans les années 80, le tout premier sentiment de fierté que j’ai ressenti envers mes origines est né lors des fêtes associatives qui mettaient à l’honneur la culture malienne.
Mon père et mes oncles avaient créé l’association Benkadi aux Mureaux. Pendant les festivités, mes cousins revêtaient leurs costumes en bogolan et faisaient le show devant un public émerveillé.
À cette époque, l’Afrique était souvent réduite, dans les médias, à la famine, à la sécheresse et à la misère. Enfant, cela me mettait mal à l’aise.
Durant ces festivités, le public voyait l’Afrique différemment : elle était belle, majestueuse et riche.
Quand j’ai fondé ECK Collection en 2017, je savais que je voulais faire bien plus que créer des vêtements. Je voulais transmettre cette fierté aux gens, je voulais qu’ils se trouvent beaux et majestueux avec des créations issu d’un tissu africain. Le bogolan s’est naturellement imposé à moi étant d’origine malienne. Et, ça a fait mouche :les clients étaient en demande de créations originales et authentiques.
Depuis plusieurs années, je ressentais un besoin profond de créer un lien avec mon pays, de le découvrir autrement et d’en comprendre toutes les richesses.
J’avais surtout ce rêve. Ce doux rêve de vivre l’expérience de dessiner les symboles du bogolan et aussi d’en connaitre la signification secrète ! Donc, l’an dernier, j’embarque ma sœur pour vivre une expérience qui a tout changé, notre voyage au Mali.
Le voyage qui a donné naissance aux Apéros Bogolan
Avec ma sœur, nous sommes parties au Mali pour découvrir notre pays d’origine. Parmi les moments les plus marquants de ce séjour, il y a eu notre visite au centre Ndomo de Ségou.
J’y ai rencontré des artisans passionnés qui m’ont ouvert les portes de leur savoir-faire. J’ai découvert les étapes de fabrication du bogolan, la richesse de ses symboles et j’ai eu l’immense privilège de réaliser moi-même mes premiers motifs sur un véritable bogolan.
Tout le monde n’aura pas la chance de voyager au Mali. Alors, ce jour-là, je me suis faite une promesse : faire voyager un petit morceau du Mali jusqu’à Paris. Je voulais que les personnes qui poussent la porte de mon atelier puissent vivre, elles aussi, un tant soit peu de ce que j’avais ressenti au Mali.
Une première édition riche en émotions
Un an plus tard, cette idée est devenue réalité. Les dix places de cette première édition se sont remplies plus vite que je ne l’imaginais. Pendant 3H30, nous avons voyagé ensemble. Nous avons parlé du Mali, de l’histoire du bogolan, de ses symboles, de sa fabrication.
Chaque participant a commencé par dessiner son message à l’aide d’un pinceau et de l’argile fermentée sur un carré de bogolan que j’avais préalablement teinté avec des décoctions de plantes.
Voir les regards concentrés, les sourires apparaître au fil des créations, les discussions naître naturellement autour de l’apéritif… c’était exactement ce que j’avais imaginé.
Puis est venu le moment que tout le monde attendait : le rinçage.
En plongeant leur création dans la décoction de plantes, les symboles se sont révélés sous leurs yeux. L’argile s’était figée sur le tissu, laissant apparaître leur œuvre.
À chaque rinçage, les regards s’illuminaient.
C’était un véritable moment de surprise et d’émerveillement. Les participants ne sont pas repartis seulement avec une création encadrée. Ils sont repartis avec leur histoire.
Plus qu’un atelier créatif
Les Apéros Bogolan ne sont pas des cours de peinture. Ce ne sont pas non plus des ateliers de loisirs créatifs. Ce sont des moments de transmission.
Des instants où l’on prend le temps de ralentir, de créer avec ses mains, de découvrir une culture et d’échanger avec d’autres passionnés dans une ambiance conviviale.
Chaque participant a partagé le contenu de son message et j’ai été frappée par la profondeur de ce qui en ressortait : ça parlait de famille, de résilience, d’amitié, de spiritualité, de projet… Il y a eu énormément d’émotion et même quelques larmes versées, c’était comme une thérapie sensorielle.
J’ai toujours pensé que la meilleure façon de découvrir une culture n’était pas seulement de l’observer.
C’est de la vivre, et durant cet après-midi, on a vécu quelque chose de fort !
Un apéritif aux saveurs africaines
Pendant que les œuvres sèchent, place à la convivialité.
Je tenais vraiment à ce que les Apéros Bogolan soient aussi un moment où l’on prend le temps de discuter, de rire, de faire connaissance et de partager quelque chose de bon autour d’un verre.
Pour cette première édition, j’ai proposé un apéritif aux saveurs africaines avec des bokits, des pastels, des accras de morue et des burgers yassa.
Côté boissons, les participants pouvaient découvrir plusieurs cocktails : gingembre-ananas-coco et bissap-goyave.
Très vite, l’ambiance est devenue naturelle et chaleureuse. Les conversations se sont croisées, les participants ont appris à se connaître et des liens se sont créés autour de la table.
Le plus incroyable ? Deux participantes qui ne s’étaient jamais rencontrées ont découvert, au fil des discussions, qu’elles avaient des liens de parenté. Comme si le bogolan avait aussi le pouvoir de rapprocher les gens.
C’est exactement ce que j’avais imaginé lorsque j’ai pensé aux Apéros Bogolan : apprendre, créer… mais aussi prendre le temps d’être ensemble, créer des liens.
Et bien sûr… un peu de shopping !
Mon atelier est aussi la boutique ECK Collection, alors après l’atelier, les participants ont naturellement pu découvrir les collections, essayer certaines pièces et se faire plaisir.
Pour cette première édition, j’avais souhaité leur offrir 10 % de réduction sur leurs achats.
Et j’ai été très agréablement surprise car ils ont su profiter de cette offre, qui était aussi valable sur les nouveautés et sans minimum d’achat !
Au-delà du chiffre, ce qui m’a fait plaisir, c’est de voir que l’atelier avait donné envie aux participants d’aller encore plus loin dans la découverte du bogolan, cette fois à travers mes créations.
Certains sont donc repartis avec leur œuvre encadrée… et une pièce ECK Collection sous le bras.
Avant leur départ, je leur ai remis une fleur de coton. La même fleur qui est à l’origine de chaque bogolan.
Je voulais qu’ils repartent avec un dernier souvenir. Pas seulement de leur création.
Mais de cette expérience que nous avions vécu ensemble pendant quelques heures.
J’aime imaginer que, chaque fois qu’ils regarderont cette fleur ou leur bogolan encadré, ils repenseront à cet après-midi.
Parce qu’au fond… Les Apéros Bogolan ne parlent pas seulement de textile.
Ils parlent de transmission.
- D’héritage.
- De rencontres.
- D’émotions.
Et de cette incroyable capacité qu’a une culture à rassembler des personnes qui, quelques heures plus tôt, ne se connaissaient pas mais pour la plupart sont reparties ensemble.
En créant les Apéros Bogolan, je ne m’attendais absolument pas à vivre autant de magie.
Rendez-vous pour la prochaine édition
Si vous avez envie, vous aussi, de découvrir le bogolan autrement, les inscriptions pour le prochain Apéro Bogolan sont ouvertes.
Je serai heureuse de vous accueillir dans mon atelier et de partager avec vous ce patrimoine qui me passionne tant.
À très bientôt autour d’un carré de bogolan… et d’un verre de bissap.