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Le raphia un textile africain naturel

Juin 5, 2024 | le bogolan

Aujourd’hui je te parle de l’origine du Raphia qui est un textile africain naturel. Étant d’origine malienne, j’ai un lien très fort avec le bogolan car il me rappelle des moments forts de ma vie. Cependant, j’ai une grande sensibilité pour tous les tissus africains car ils ont de fortes similitudes dans le processus de fabrication que le bogolan.

J’ai décidé de faire un focus sur le Raphia Kuba car ma fille étant à moitié congolaise, il me semble important de connaitre ce textile afin de lui inculquer cette partie de son histoire.

Le Raphia est une plante issue des feuilles de palmier que l’on trouve notamment au Congo mais aussi à Madagascar et en Amérique centrale. Ce sont les plus longues feuilles du monde car elles peuvent atteindre jusqu’à 25m de long ! Ces feuilles sont séchées et transformées en fibres qui peuvent être tissées, tressées ou entrelacées pour créer des tissus.

Au XVIIème siècle dans le royaume de Kuba (situé dans l’actuelle République Démocratique du Congo) le tissu Raphia Kuba a été inventé par ses artisans.

Tout comme le bogolan, le Raphia Kuba ce textile naturel africain est issu d’un processus fastidieux impliquant plusieurs personnes. Tout d’abord, les fibres de raphia sont dénudées et malaxées pour un premier ramollissement. Les mèches sont ensuite colorées à l’aide de teintures végétales, créant les nuances d’ivoire, de marron, de rouge argile et de bleu indigo associées à de nombreux arts du royaume Kuba.

A l’instar du bogolan, le raphia est tissé à plat et est ensuite produit sur un métier à tisser à lisses inclinées, généralement par des tisserands masculins. À ce stade, une autre série de teinture ou de pétrissage peut avoir lieu, avant de confier la pièce au travail de « finition » généralement effectué par les femmes Kuba. Ces techniques décoratives peuvent inclure la broderie, les appliqués ou le patchwork, et aboutir à un tissu à poils coupés dont la texture ressemble à du velours. On peut constater que les tissus ancestraux africains étaient fabriqués qu’avec des matériaux naturels.

La fabrication d’un tissu raphia Kuba de la taille d’une taie d’oreiller peut prendre plusieurs jours, ainsi il n’était accessible qu’à la noblesse car il représentait la richesse et la puissance de celui qui le portait.

Une autre similitude avec le bogolan : les symboles du raphia Kuba ont une signification. Ils peuvent représenter : le nom du tisserand qui l’a fabriqué, ou le nom du propriétaire de l’étoffe, malheureusement l’étendues de l’interprétation des dits symboles est limité d’où l’importance de transmettre la culture ancestrale qui a tendance à se perdre alors qu’il s’agit d’un patrimoine culturel fort appartenant à toute une communauté !

Les jupes en raphia Kuba se portaient principalement durant les cérémonies funéraires. Quant aux tissus simples, tout comme l’or, servaient de monnaie aux hautes sphères du royaume Kuba. Ce qui traduit que cette étoffe était un véritable trésor.

Durant la colonisation, le raphia Kuba était un tissu très apprécié des commerçants, des connaisseurs et des collectionneurs qui en connaissait sa grande valeur. Il fait partie des trésors coloniaux qui ont été exposé dans des musées à la fin du XIXème siècle.

Aujourd’hui, le raphia Kuba est principalement utilisé en décoration d’intérieur alors qu’il a toute sa place dans l’univers de la mode. Il serait judicieux qu’on lui rende, plus largement, son utilité d’origine c’est-à-dire en fabriquant des vêtements afin de perpétuer ce grand héritage.

Pour ma part, j’ai réalisé un grand sac en cuir et bogolan avec des symboles raphia car il représente le métissage malien et congolais qui me rappelle ma douce enfant. C’est un petit clin d’œil qui en a conquis plus d’un car cet article a fait sold out le jour de sa sortie ! La preuve qu’il y a une forte demande en ce sens.

Que ce soit le tissu Bogolan ou le Raphia, ces deux tissus africains sont naturel et tissé à la main ce qui donne une touche unique à nos articles de mode.

Écrit par Diarra, Kenaba

Kénaba Diarra, la créatrice derrière ECK Collection, mêle avec élégance ses origines culturelles africaines à son amour pour la mode parisienne. Elle souhaite partager l'héritage familial et démocratiser le bogolan, une étoffe exceptionnelle. Kénaba Diarra valorise les textiles africains authentiques, privilégiant les matières naturelles pour ses collections. Son engagement est de célébrer l'histoire et la culture tout en incarnant le style contemporain de la mode parisienne.